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Pêche à pied sur le littoral charentais : règles et sécurité

Pêche à pied sur le littoral charentais : règles et sécurité

À marée basse, les estrans de Charente-Maritime se couvrent de pêcheurs à pied : sur les rochers de l’île de Ré, les platins de l’île d’Oléron, les vasières des pertuis ou les plages de sable du pays royannais. Palourdes, coques, moules, bigorneaux, crevettes, étrilles : la pêche de loisir est une tradition locale. Elle est aussi encadrée par des règles précises, qui protègent la ressource, la santé des pêcheurs et leur sécurité. Ces règles évoluent : la seule référence est la réglementation en vigueur au moment de votre sortie.

Où trouver la réglementation

Trois sources font foi :

  • les arrêtés préfectoraux de la Charente-Maritime, qui fixent notamment les zones ouvertes ou fermées, les quantités autorisées et les périodes de pêche, et qui sont publiés par la préfecture ;
  • la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), dont la délégation à la mer et au littoral informe sur les règles de la pêche de loisir ;
  • l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, qui informe sur la qualité sanitaire des sites de pêche à pied de loisir.

Les mairies du littoral et les offices de tourisme affichent souvent les règles locales. Des panneaux sont parfois installés à l’entrée des sites, mais leur absence ne vaut pas autorisation.

Les tailles minimales

Chaque espèce a une taille minimale de capture, en dessous de laquelle il est interdit de la prélever. Ces tailles sont fixées par la réglementation nationale et peuvent être complétées localement. Elles permettent aux coquillages et crustacés de se reproduire au moins une fois avant d’être pêchés.

Les tailles diffèrent d’une espèce à l’autre et peuvent être révisées : vérifiez-les avant chaque saison auprès de la DDTM ou de la préfecture. Un réglet ou une jauge de mesure, que l’on trouve facilement, évite les erreurs sur le terrain. Tout ce qui n’atteint pas la taille doit être remis en place immédiatement, à l’endroit où on l’a trouvé.

Les quantités autorisées

La pêche à pied de loisir est limitée à la consommation personnelle et familiale. Des quantités maximales par pêcheur et par sortie sont fixées par espèce, par arrêté. Elles s’expriment selon les cas en poids, en volume ou en nombre.

La règle essentielle à retenir : la vente du produit de la pêche de loisir est interdite. Elle est réservée aux pêcheurs professionnels, soumis à des contrôles sanitaires.

Zones et classement sanitaire

Les coquillages filtrent l’eau de mer et peuvent concentrer des bactéries, des virus ou des toxines produites par certaines algues microscopiques. C’est pourquoi les zones de pêche font l’objet d’un suivi sanitaire, auquel participent l’Ifremer pour les zones conchylicoles et l’ARS pour les sites de pêche de loisir.

Selon les résultats, une zone peut être :

  • autorisée à la pêche de loisir ;
  • déconseillée ou tolérée sous conditions, par exemple avec cuisson recommandée ;
  • interdite, temporairement ou durablement.

Des fermetures temporaires peuvent être décidées à tout moment après une pollution, de fortes pluies ou la détection de toxines. Elles sont annoncées par arrêté préfectoral et relayées par les mairies. Consultez l’état des sites avant chaque sortie, même sur un site que vous connaissez.

Certaines zones sont aussi fermées pour d’autres raisons : concessions ostréicoles ou mytilicoles, qui appartiennent à des professionnels, réserves naturelles, zones portuaires. Ne prélevez jamais de coquillages sur un parc ou un bouchot : c’est du vol.

Comprendre les marées

La pêche à pied se pratique à marée basse, et les meilleures sorties ont lieu lors des grandes marées, quand la mer découvre largement l’estran. L’amplitude de la marée est exprimée par un coefficient : plus il est élevé, plus la mer descend loin et remonte vite.

Pour préparer une sortie :

  • consultez un annuaire des marées pour le port le plus proche, en tenant compte du décalage selon les sites ;
  • partez avant l’heure de basse mer et revenez sans attendre la renverse ;
  • repérez votre chemin de retour, surtout sur les vasières et les bancs de sable que la mer peut entourer.

Le service hydrographique de la Marine, le SHOM, publie les prédictions de marée de référence.

La sécurité avant tout

Chaque année, des pêcheurs à pied sont surpris par la marée montante, notamment dans les pertuis où la mer peut remonter rapidement et isoler un banc. Quelques règles simples :

  • ne partez jamais seul, ou prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour ;
  • surveillez l’heure et la mer en permanence ;
  • méfiez-vous des vasières, où l’on peut s’enliser, et des chenaux qui se remplissent les premiers ;
  • renoncez par brouillard, qui fait perdre les repères ;
  • emportez un téléphone chargé dans une pochette étanche. En mer ou sur l’estran, le numéro d’urgence est le 196, qui joint gratuitement le CROSS ; le 112 fonctionne aussi, et à bord d’un bateau la VHF canal 16 reste prioritaire.

Respecter l’estran

L’estran est un milieu vivant. Remettez en place les pierres que vous retournez, dans le même sens, pour ne pas exposer les organismes qui y vivent. Utilisez des outils autorisés et évitez de creuser inutilement. Ne prélevez que ce que vous consommerez.

Si vous préférez acheter plutôt que pêcher, les cabanes ostréicoles et les marchés du département offrent des coquillages issus de zones contrôlées. Et pour cuisiner votre récolte de moules, notre recette d’éclade est une bonne idée.

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